L’incomparable: JOSEP LLUIS SERT
Je voudrais vous parler de l’une de nos sources d’inspiration avec laquelle nous, à Best Ibiza, en tant qu’amoureux de l’authenticité et des maisons de caractère, sommes en parfaite harmonie : le grand Josep Lluís Sert (Barcelone, 1902-1983), l’un des architectes les plus influents du XXe siècle, qui a laissé une empreinte indélébile sur l’île d’Ibiza.
Sa fascination pour l’île a commencé dans les années 1930, lorsqu’il a découvert son architecture locale, non contaminée, efficace, d’une beauté de formes simples et minimalistes, caractérisée par l’importance de l’éclairage, de l’orientation, des volumes simples, des habitations cubiques blanches et fonctionnelles et de la ventilation transversale, qui maintient les pièces fraîches en été et évite l’humidité en hiver. Il s’agit d’une architecture sans architectes ni plans, construite par les paysans eux-mêmes, qui naît des matériaux fournis par la terre et qui, loin d’altérer le paysage, s’y intègre.
Premier projet sur l’île
Bien qu’il ait rêvé de divers projets à Ibiza depuis les années 1930, sa première œuvre concrète fut la Casa Sert à Dalt Vila, construite en 1960. Ce bâtiment incarne sa vision architecturale, où fonctionnalité et esthétique s’entremêlent pour créer un espace en harmonie avec son environnement.
Tout au long de sa vie, Sert a également conçu des maisons pour des amis tels que Gomis, Jutta et Zao-Wo-Ki, ainsi que pour son jeune frère.
Cap Pep Simó : tradition, équilibre et harmonie
Construites entre 1964 et 1969, les six maisons de Can Pep Simó ont été conçues non seulement pour l’architecte Sert et sa famille, mais aussi pour ses amis les plus proches. Cet ensemble résidentiel, déclaré Bien d’intérêt culturel en 2009, se distingue par l’utilisation du « modulor », un système de proportions conçu par Le Corbusier qui cherche à atteindre l’équilibre et l’harmonie entre l’être humain et l’espace construit.
L’une des caractéristiques les plus distinctives de cette conception est l’interdiction de murs ou de clôtures entre les habitations, ce qui contribue à créer une apparence homogène dans le complexe. Cette décision reflète la philosophie de Sert, qui consiste à promouvoir la coexistence et l’harmonie avec l’environnement, en donnant la priorité à la fonctionnalité et à l’esthétique dans la composition de l’espace.
Un héritage en crise
Sert n’est pas resté insensible aux changements radicaux qu’a connus Ibiza. Dans les années 1960, il s’est élevé contre les dangers de la « mixification » et de la destruction du paysage. Ses craintes se sont concrétisées avec l’essor du tourisme, qui a transformé l’île et entraîné l’oubli de son architecture traditionnelle. Les habitations ibicencas ne sont plus que des vestiges, tandis que l’essence de l’île s’évanouit dans le chaos urbain.
Des avertissements ignorés
Malgré ses mises en garde et ses écrits en faveur de l’architecture populaire, Sert a été témoin de la transformation de sa chère Ibiza en un symbole de luxe et d’ostentation. Son désir de se reposer dans un modeste mur de pierres sèches sur l’île reflète le lien profond qu’il entretenait avec ce lieu. Aujourd’hui, son héritage architectural est gravement menacé par le manque de protection et l’indifférence à l’égard de la conservation.
Une nouvelle biographie
La récente publication de « Ser(t) arquitecto » par @María del Mar Arnús de Urruela offre une perspective intime et professionnelle sur Sert. Ce livre souligne l’importance d’Ibiza dans son travail et la manière dont ses enseignements sur l’architecture locale ont influencé des projets internationaux. Il rappelle l’impact durable de Sert sur l’architecture moderne et son amour indéfectible pour l’île.
Dernières réflexions
La figure de Josep Lluís Sert mérite d’être valorisée et préservée. Son héritage transcende ses constructions ; il réside dans la philosophie architecturale qu’il a promue : un profond respect de l’environnement et une recherche de la beauté dans la simplicité. Alors qu’Ibiza continue d’évoluer, il est essentiel de se souvenir des leçons de Sert et de s’efforcer de préserver l’essence qui a rendu l’île unique. Son repos éternel au cimetière de Jesús, aux côtés de son épouse Moncha, symbolise son lien indéfectible avec ce paradis méditerranéen, où son héritage se perpétue à chaque coin de rue.
Sources et photographies:
Académie royale d’histoire
Journal d’Ibiza
Noudari
École Sert
Fondation Joan Miró
DHub
Metalocusl
Journal Ibiza
Joaquim Gomis
Javier Perez Pla